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ETATS GENERAUX DU BURN OUT 11/03/2015.

Notes préliminaires à la publication du compte rendu, et à l'annonce de la parution des deux fascicules résumant :
1)- Le colloque de juin 2014
2)- Le colloque de mars 2015

LES ETATS GENERAUX DU BURN OUT

 

En juin dernier, à l’initiative du Cercle Ramadier, en coopération avec le Cabinet Technologia, un débat s’est engagé sur la question : « Faut-il reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle ? »

Juin 2014 : Plus de 300 personnes s’étaient réunies à l’Assemblée nationale pour en débattre et beaucoup n’avait pas pu assister à ce moment riche et engagé.
Mars 2015 : 550 inscrits....

Les États-généraux furent l’occasion de vous faire entendre, (pas tous, hélas, par manque de temps),de porter vos doléances, de prendre la parole et d’avancer sur le chemin de la reconnaissance de l’épuisement comme maladie professionnelle.

www.appel-burnout.fr : l’appel pour la reconnaissance du burn out réunit aujourd’hui près de 10 000 signatures : Continuez

www.appelmedecins-burnout.fr/ : un collectif de médecins du travail a lancé un appel semblable qui compte près de 1000 soutiens :

www.lejdd.fr/Economie/L-appel-des-deputes-pour-la-reconnaissance-du-burn-out-705116 : le 6 décembre 2014 dans le Journal du dimanche, une trentaine de députés lançaient à leur tour un appel pour la reconnaissance du burn out.

 

INVITES et INTERVENANTS

Mme. Colette CAPDEVIELLE Avocate, députée de la 5e circonscription des Pyrénées-Atlantiques,
Membre de la commission des lois
"Sa notoriété s’étend au delà des frontières de l’Adour ou de la Navarre, au vu de la réaction qu’elle a eu à l’Assemblée nationale face aux débats sur le travail le dimanche".(Contrepoints; LCP, etc)

M. Jean-Claude DELGENES directeur de Technologia
(cabinet d'experts en évaluation et en prévention des risques professionnels et de l'environnement),

Docteur Michel DEBOUT Consultant sur les questions de risques psychosociaux et violences au travail,
Docteur Bernard MORAT initiateur de la pétition sur le burn-out auprès de ses confrères,
Docteur Agnès MARTINEAU Médecin du Travail,
Mme. Martine KERYER Secrétaire nationale Conditions de Travail, Handicap, Santé au travail à la CFE CGC,
M. Dominique CORONA Secrétaire National UNSA en charge des IRP et de la Commission Santé
M. Vincent LANIER 1er Secrétaire Général du Syndicat National des Journalistes
M. Jean-Albert MOUGIN Vice Président du Syndicat National SNACL
Mme. Sophie PERCEBOIS, Représentant la Grande Maîtresse de la GLFF
M. Gilles DUBOSQ pour le Conseil National de la fédération française de
l'Ordre Maçonnique Mixte et International Le DROIT HUMAIN

DEBAT

A l'occasion des Etats Généraux du Burn Out, le Cercle Ramadier recueillera vos TEMOIGNAGES et DOLEANCES, et s'engage à les porter en votre nom aux responsables politiques concernés.

Les intervenants ont fait le point sur les avancées que les différentes actions ont générées. Une meilleure connaissance de la maladie, ses causes et son développement chez les personnes atteintes : par exemple, ce n'est pas "une maladie de flemmards" comme certains l'ont écrit, c'est exactement le contraire ! C'est une atteinte de stress DÛ AU TRAVAIL ET CONDITIONS DE TRAVAIL de ceux qui sont les plus concernés et engagés professionnellement, ceux qui ne se ménagent pas, qui se donnent à fond......et/ou la pression insupportable exercée par l'entourage professionnel (collègues, supérieurs, clients...).

Il est apparu TRES important de DEFINIR le plus largement et exactement possible le Burn Out, afin de soumettre cette "grille de lecture" aux administrations concernées (Secu, etc), ainsi qu'aux praticiens et plus largement à l'ensemble du monde du travail. Il sera préférable d'employer les termes de : "EPUISEMENT PROFESSIONNEL".

De toute la France, de tous les secteurs, des personnes sont venues témoigner, suggérer des solutions, donner leur avis. Nous ne pensons pas exagéré de dire que chacun a écouté, entendu, compris, partagé, compati, à l'écoute des intervenants. Il s'est vraiment passé quelque chose de spécial et de profondément humain ce soir-là.
"Je suis très touchée que des médecins, des politiques et des personnes référentes essaient de trouver une solution de reconnaissance concernant le burn out. Cette maladie m'est tombée dessus en décembre dernier. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. J'ai toujours été quelqu'un de très professionnel, de très investi dans mon métier. Depuis environ un mois, je me rendais compte que je commençais à enchaîner des erreurs, pas importantes mais tout de même des erreurs. Et puis un matin, plus rien. C'est à dire incapable de me lever, de réfléchir, de me concentrer.Je suis très touchée que des médecins, des politiques et des personnes référentes essaient de trouver une solution de reconnaissance concernant le burn out. Cette maladie m'est tombée dessus en décembre dernier. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. J'ai toujours été quelqu'un de très professionnel, de très investi dans mon métier. Depuis environ un mois, je me rendais compte que je commençais à enchaîner des erreurs, pas importantes mais tout de même des erreurs. Et puis un matin, plus rien. C'est à dire incapable de me lever, de réfléchir, de me concentrer." Christine

"Derrière le burnout, il y a de gros problèmes sociétaux, et les politiques feraient bien de s’interroger. . L’exposition au burnout du personnel intervenant auprès des malades âgés dépend de multiples facteurs, personnels ou liés à l’environnement professionnel. Les tensions sociales, les problématiques systémiques engendrés en particulier par les difficultés du management hospitalier français et son ressenti conduisent à un risque de burnout, dont l’une des illustrations est la monté du risque suicidaire au travail. Qualité de vie au travail, harcèlement et risques psychosociaux sont intimement liés. Le vécu de harcèlement ajoute une touche de gravité particulière au burnout...." DR. Philippe T.
"Je suis ingénieur de recherche et j'ai été victime d'un burn-out il y a deux ans. Depuis je communique sur cette question auprès de mes collègues car je constate que je ne suis pas un cas isolé mais que nombre de mes collègues sont aussi concernés par l'épuisement professionnel. Le monde de la recherche n'est pas à l'abri des risques psycho-sociaux et j'ai le sentiment que ce phénomène prend de l'ampleur."C.J

"Je siège dans les instances d'évaluation (Comité National du CNRS) et suis très inquiète de constater l'inflation des exigences, au nom de l'excellence scientifique, envers le personnel chercheur et le personnel technique de la communauté." A-M.A

"Le BURN OUT appelé communément syndrome d’épuisement professionnel est devenu une des souffrances du travail en recrudescence ces derniers temps, étant donné que l’offre de travail se faisant de plus en plus rare sur le marché du travail à cause des effets pervers de cette crise complotée par la Finance. Malheureusement, en France, elle n’est pas reconnue comme une maladie professionnelle. C’est bien dommage pour ceux qui sont touchés par ce nouveau fléau, surtout que cette dernière se rattache souvent à de la pression des chefs ou d’un management par la peur et l’effroi voire et surtout l’harcèlement. Le BURN OUT est pernicieux et sournois. Avec une période d’incubation latente où la victime ne prend pas conscience des maux ou alertes inconscients....Quand le travail détruit et tue pour satisfaire le bien et les super- privilèges d’une minorité tirant profit de cette ressource du travail inépuisable de l’être humain même sous les effets pervers de stress. Révoltée et rebelle sur ce nouveau phénomène, puisque moi même, j’y ai été confrontée. Je connais bien le sujet. Ce que je souhaite de tout cœur, c’est d’éviter à toute personne d’y faire face un jour, de connaître cette sale expérience, être une victime à part entière de cette nouvelle maladie professionnelle de notre siècle...." E. BC

"Tout d'abord MERCI d'avoir organisé ces états généraux du Burn out, c'était tellement necessaire! Merci pour votre soutien et votre prompte réponse qui vient me conforter dans l'idée que j'avais de vous : des personnes bienveillantes. Lors de cette soirée, vous avez évoqué l'isolement des individus qui souffrent dans leur coin et grace à ces états généraux vous avez su briser cet isolement. Personnellement, je me suis sentie beaucoup moins seule. Car à vrai dire ce qui fait souffrir est essentiellement cette mise à l'écart, ce mépris, ce rejet de la part de personnes qui preferent ne rien reconnaitre plutot que de passer à la caisse! ....C'est ensemble que nous pourrons avancer. Nous pouvons tous contribuer à cette bataille, en agissant, quelque soit cette action. On peut tendre une main, écouter, comprendre l'autre...c'est important, et c'est déjà de l'action. L'important c'est d'agir!..." E. DM

" Je ressens aujourd'hui un grand sentiment d'injustice, voire de culpabilité. -J'ai parfois le sentiment d'être coupable, alors que j'ai été victime d'un Accident du Travail, J'ai vécu l'enfer de par la volonté de ma Direction. Pour mon employeur, c'est un grand sentiment d'impunité qu'il peut, quant à lui, ressentir et peut donc continuer tranquillement. Si mon cas n'est pas unique, j'aimerai qu'il puisse servir à d'autres, afin que la santé au travail et l'intégrité des salariés soient de mieux en mieux préservées. -Une reconnaissance du BURN-OUT en Accident du Travail dans ce cas, ou en Maladie Professionnelle, pourrait freiner les ardeurs et pratiques des employeurs indélicats envers leurs salariés....." F.C

" Madame, Monsieur, Malheureusement à ce jour, j'ai été confrontée à l'incompréhension générale, tant de la part de mon associé, de mes collaborateurs et intervenants divers, que du milieu médical et juridique. Sans doute y ai-je une part de responsabilité, n'ayant comme je l'indique pas mesuré l'ampleur de ce que j'étais en train de vivre alors. J'avoue que me replonger en permanence dans cette histoire me procure un stress physique et moral important, j'ai donc pris la décision en début de semaine dernière, en toute conscience et devant l'adversité que je rencontre, de renoncer à poursuivre mes démarches pour la reconnaissance de ce burn-out. Cependant comme je m'y étais engagée, je serais présente aux états généraux pour y apporter mon témoignage et peut-être ainsi ma contribution à la reconnaissance de "cette nouvelle pathologie du 21ième siècle. Je souhaitais préciser que devant l'incompréhension des médecins français , j'ai pu obtenir un rendez-vous avec le Docteur Patrick Mesters, directeur de l'Institut Européen d'Intervention et de Recherche sur le Burn Out à Bruxelles le 4 février dernier. Celui-ci a, par courrier, bien confirmé le diagnostic du syndrome d'épuisement professionnel, mais malheureusement et contre toute attente, son intervention n'a pas permis de modifier le point de vue des praticiens qui m'ont reçu dans le cadre des expertises médicales. ...."O.I

"Beaucoup de salariés en burn out dans notre groupe mais les médecins ne le notifient pas dans les arrêts. Tant, que l'employeur n'a pas d'écrits médicaux le problème n existe pas. Les représentants syndicaux sont démunis." Représentante CFDT

"Questions PORTANT SUR LA GESTION DE L'APRES BURN OUT.....-Que fait-on pour aider les personnes victimes de burn-out pour se reconvertir si elles ne sont plus capables d'assumer leur poste antérieur? - Dans quelles conditions partir de leur entreprise? - Que doit mettre en place leur entreprise pour les aider à faire face ou tourner la page? - Si pas de possibilités de reclassement, comment négocier son départ? - dans l'éventualité où la personne ne parvient plus à avancer, quelles solutions s'offrent à elles?"

"Ce témoignage que je livre ici est un petit résumé des faits que j'ai commencé à subir depuis plusieurs années et que je continue de subir actuellement. Si je dois tout écrire il me faudrait des dizaines de pages car j'ai tellement de choses à dire. Ma descente aux enfers a commencé en Avril 2010 et cela n'a fait que s'aggraver avec le temps à tel point que je suis en arrêt de travail depuis 02/10/2014, suite à une altercation avec ma responsable hiérarchique. Mon médecin traitant a diagnostiqué un "choc psychologique résultant d'un entretien conflictuel avec sa responsable directe ayant entrainé un malaise avec chute et perte de connaissance... syndrome dépressif réactionnel". Durant mes 19 années de syndicalisme, j'ai fait plusieurs interventions auprès de la direction de mon unité "M...." Notamment de cas graves de tentatives de suicide, harcèlements moraux, maltraitances des salariés, discriminations, atteinte à la dignité des femmes africaines et magrébines, atteintes à la dignité des femmes enceintes, atteinte à la dignité des salariés ayant des maladies graves...et je peux continuer à citer encore d'autres cas. Un jour de février 2010, une salariée a fait une tentative de suicide à son domicile suite à des problèmes de harcèlement moral sur son lieu de travail par ses supérieurs hiérarchiques pendant plusieurs années. Malheureusement, le directeur d'établissement n'a pas voulu reconnaitre qu'il y avait (il y a toujours) de gros soucis de management et des mauvaises conditions de travail sur son unité. Le fait d’avoir été témoin de tous ces cas que j'ai cité précédemment et pour me faire taire, il m'a menacé physiquement.....La direction n'a rien trouvé pour me sanctionner disciplinairement mais elle m'a sanctionné sur mon déroulement de carrière et financièrement avec la suppression et diminution de mes primes. Elle m'a fait comprendre que mon investissement syndical la dérangeait beaucoup.Tous les jours, je viens au travail avec la peur au ventre et surtout des pressions psychologiques et psychiques. En septembre 2012, mon organisation syndicale et moi, nous avons déposé plainte à nouveau auprès du doyen des juges d'instruction. A ce jour et malgré les relances nous n'avons aucune nouvelle de notre affaire...." G.D
"Suicides à France Telecom : 21 en 2014 et 6 au 11/02/2015.... ou « dépressession aggravée » dû uniquement au travail. " MG

"Parents d’un ingénieur de l’agence spatiale européenne qui s’est suicidé le 20 décembre 2011 à l’age de 38ans. Alors qu’aujourd’hui les burn out et les suicides en entreprise perdurent, qu’on ne fait que les analyser à posteriori car on ne les détecte pas. Les individus qui vont faire un burn out ne le savent pas, les personnes qui vont se suicider ne l’envisagent pas ( raptus suicidaire). Pour nous les causes sont organisationnelles et managériales et ce sont les hommes qui les pratiquent. Tant qu’on ne s’attaquera pas aux causes, les souffrances au travail perdureront. Nous souhaitons un accès plus facile à la justice, des enquêtes plus approfondies ou l’on prend en compte tous les éléments, nous demandons un durcissement des lois sur le harcèlement et de véritables sanctions. Nous souhaitons que parmi les participants à ce colloque : ministres, secrétaires d’état, députés médias certains aient l’audace, le courage et la volonté d’œuvrer pour nous aider à avoir accès à le justice ainsi que la mise en place de lois en France comme en Europe permettant le jugement et la sanction des individus qui à l’intérieur de l’entreprise sont directement responsables de la souffrance et des morts qu’engendrent leur comportement. Ce que nous souhaitons ce n’est pas une réponse compassionnelle mais des actions dont nous pourrions être partie prenante." D-D. K.
"J'ai travaillé pendant 14 ans dans la même compagnie de théâtre tant comme comédienne que comme responsable administrative. On peut considérer que je cumulais un double emploi sans en avoir le salaire. En pratique, les plus dévoués, se retrouvent surchargés de travail. Les dernières années ont été très éprouvantes tant physiquement, psychologiquement que moralement. Surcharges perpétuelles de travail et non reconnaissance de ce travail. Mon employeur, malgré ces belles promesses de soutien indéfectible, se positionne comme étant victime de la situation. Un intermittent du spectacle en arrêt de travail perd environ 40 % de son salaire. De 1400 € je suis passée à 850 €. L'employeur n'a aucune obligation de cotiser à un quelconque organisme dans ce domaine. Je prépare ma "réinsertion professionnelle" et espère sortir de l'arrêt maladie en mai 2015 après 16 mois. En dehors de mon expérience, je n'ai plus rien...."I.P

"Présente aux Etats Généraux du Burn Out organisés au printemps dernier, je souhaite participer à la soirée du 11 mars. Ce temps fort fut formidable de par ses témoignages et la capacité de tous les participants à dire leur insoumission à la souffrance au travail. Je tiens également à vous préciser que je commence la semaine prochaine une nouvelle vie professionnelle dans le commerce. Je souhaite cependant participer à cette soirée, très importante à mes yeux, puisque j’ai moi-même été victime d’un burn-out à France Télécom...." C.M

"Agée de 57 ans, en arrêt de travail depuis 3 ans pour cause de burn-out suite à des conditions de travail absolument intenables (dans lesquels j'ai "tenu" 5 ans) ; je suis tout à fait concernée par cette question . L'intervention de mon médecin du travail a été cruciale pour moi. Elle a été l'interlocutrice majeure qui a permis d'éviter le pire. La relation de confiance qu'elle a su créer m'a permis d'exprimer enfin ce qui était jusqu'alors impossible à faire entendre. Son intervention a permis que je sois écartée d'un milieu professionnel déléthère pour engager une reconstruction lente mais incontournable. Aujourd'hui il ne me reste que quelques jours d'indemnisation en IJ maladie par la CPAM. Je ne me sens pas en capacité de retourner sur mon ancien lieu de travail ni d'entreprendre la recherche d'un autre emploi. L'incertitude économique s'ajoute aux soucis de santé et d'isolement social et professionnel, déjà difficile à vivre tout en assumant seule des charges de famille. Je soutien et suis solidaire de votre mobilisation et vous en remercie..." M.G

"48 ans dont 27 ans d’expérience en tant que manageur en grande distribution ; mes 15 dernières années ont été fatales. Malheureusement de nombreux salariés s’effacent sous la pression. Diagnostiquée pour un burn out en 2011 par l’hôpital Rangueil, j’ai été licenciée en avril 2012 pour inaptitude totale d’origine non professionnelle (selon employeur et médecine du travail).Je souhaite insister sur les faits et constats suivants : La difficulté de diagnostiquer la maladie dans notre département de l’Aveyron (peu ou pas de spécialiste). Problème de prise en charge par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (contrairement au département de la Haute Garonne) ; Refus d’inscription auprès de pôle emploi, pas de versements d’indemnités journalières pendant une longue période (aucun revenu). Déjà épuisée physiquement et psychologiquement je dois continuer à me battre contre les institutions diverses et variées. Comment retrouver un emploi alors que la guérison n’est pas consolidée, comment se vendre, alors que l’on n’existe plus, comment se reconstruire et survivre aux besoins quotidiens…" M.C

"Ne faut-il pas réfléchir à un texte qui supprime, de manière non équivoque, le devoir de réserve sur les conditions de travail dans le secteur public? Ne peut-on révéler des conditions de travail ne respectant pas la réglementation applicable ? " Fonctionnaire Anonyme
Site intéressant : http://www.union-syndicale-magistrats.org/web/n674_souffrance-au-travail.html

"Témoignage : J’ai été victime d’un Burn-out en 2013, un matin au bureau, je me suis retrouvée dans l’impossibilité de répondre au téléphone, de me servir de mon ordinateur… le lendemain, j’ai évité in-extrémiste une voiture qui m’arrivait en face car je m’étais déportée, volontairement ou non, aujourd’hui encore je ne suis pas capable d’expliquer ce qui s’est passé. J’ai compris à ce moment là que j’étais en réel danger et que tout pouvait m’arriver… J’ai été prise en charge dès le 1er jour par mon médecin traitant qui m’a tout de suite expliqué que je faisais un Burn-out dû à une surcharge et des dysfonctionnements dans mon travail. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée, vidée, épuisée. J’ai dormi des semaines entières. Ma santé physique a été aussi ébranlée, plusieurs pathologies, interventions chirurgicales, etc. J’ai pu comprendre après des mois et des mois, que tout cela faisait partie du tableau des pathologies associées au Burn-out. J’ai pu reprendre mon travail quelques mois en 2014 et puis j’ai fait une rechute médicale fin 2014 et je commence seulement à aller mieux. J’ai, lors de ce second arrêt, en plus de médecins spécialistes été dirigée vers une psychologue du travail car j’ai pris conscience qu’il fallait retracer tous les problèmes rencontrés pour mieux comprendre pourquoi j’en étais arrivée là, mais aussi pour ne pas renouveler mon surinvestissement et ne pas se remettre en danger lors de ma reprise. Le médecin du travail en collaboration avec mon médecin traitant ont été d’une aide extraordinaire depuis 2013. S’ils n’avaient pas été à mes côtés, je ne sais pas si je serai là aujourd’hui pour témoigner. Ils m’ont comprise et ont tout mis en œuvre pour m’apporter soins et écoutes.

Je souhaiterais par mon témoignage passer le message suivant : les salariés victimes d’un Burn-out se retrouvent seuls et isolés par rapport à leur entourage familial/amical/professionnel qui parfois ne comprend pas ce qui leur arrive par méconnaissance.

En l’occurrence dans mon cas, aux yeux de mon entourage, j’ai depuis ma plus tendre enfance été portée par l’énergie, l’implication et la bonne humeur : en résumé, la personne serviable et disponible sur laquelle tout le monde pouvait compter… Ce tempérament était aussi le même dans mon investissement avec mon équipe au travail.

Du jour au lendemain, j’étais épuisée, je n’avais plus aucune énergie, ni ressource pour m’occuper de simples tâches ménagères, mentalement la mémoire me faisait défaut au quotidien. Mon entourage familial était très inquiet, il ne savait pas comment m’aider, il était partagé entre « me secouer » pour me faire réagir et « me protéger de tout » car j’étais complètement recroquevillée sur moi-même. Cette période m’a touchée profondément ainsi que mes proches. J’ai eu la chance d’avoir un cercle amical qui est venu en renfort et qui se bat à mes côtés pour me faire revivre… Je suis consciente aujourd’hui du chemin parcouru avec l’aide des médecins et de mes proches, je suis aussi consciente que tout le monde n’a peut-être pas l’opportunité d’être soutenue. Je pense avec le recul et le vécu qui est le mien, que la prise en charge médicale est primordiale car elle est la première clé de la compréhension de ce qui nous arrive. Dans mon cas, j’avais comme beaucoup entendu parler du Burn out, sans pour autant savoir réellement à quoi cela correspondait, je n’en connaissais pas les symptômes, ni les signes précurseurs… d’ailleurs dans les semaines qui ont précédé mon Burn out, je passais mon temps à courir après le temps pour arriver à faire mon travail. C’était devenu une obsession 24/7, mon entourage constatait une fatigue grandissante, moi aussi, mais je leur disais, ça va aller… Un des soucis majeurs des personnes qui font un Burn out, c’est qu’elles sont incapables de réagir et d’analyser l’état dans lequel elles sont réellement.

Je pense que si on faisait de la prévention dans les entreprises, en expliquant les symptômes et les conséquences du Burn-out, les gens seraient plus en alerte dans leur entreprise mais aussi dans leur entourage. Cela permettrait peut-être de stopper les personnes avant d’arriver au Burn out. Le Burn out est grave pour l’individu, a des conséquences énormes sur son état de santé et malheureusement pour beaucoup sur sa VIE. La mort est malheureusement l’ultime sortie pour certains de cet épuisement, il faut que chacun et chacune dans notre société prenne conscience que cela peut toucher leur entourage et que tous dans nos univers professionnels pouvons être concernés, tous les métiers sont concernés.

Personne n’est à l’abri d’un Burn-out et surtout pas ceux qui pensent que cela ne peut pas leur arrivé… La volonté, le courage, la conscience professionnelle et les efforts ne suffisent pas à nous mettre à l’abri d’un Burn out.

Il faut absolument que le Burn out professionnel soit reconnu comme Maladie professionnelle. Effectivement, à partir du moment où il y aura une reconnaissance comme maladie professionnelle, la prévention se mettra en marche… ainsi que sa prise en charge…

J’aimerai soumettre une proposition pour la prévention dans les entreprises : la création d’un cercle d’écoute dans l’entreprise composé de salariés volontaires à disposition des salariés qui le souhaiteraient pour les écouter et échanger de leur mal être ou souffrance au travail dans le respect des principes d’anonymat et des règles de confidentialité.

Ce cercle d’écoute « des risques psychosociaux » pourrait être un relai dans l’entreprise. Dans les rapports RSE de nos entreprises, nous parlons d’employeurs responsables et des actions à mettre en œuvre pour la prévention de la santé au travail.

Ce cercle d’écoute permettrait d’alerter les instances du CHST, les représentants du personnel et les médecins du travail de la souffrance dans l’entreprise. Les salariés qui éprouvent des difficultés pour faire face à leur charge de travail n’osent pas forcément aller vers les instances du personnel car ils ne savent pas forcément quelle demande formulée auprès d’eux. Ils se sentent souvent coupables de ne pas faire face à leur travail pour différentes raisons : surcharge, problèmes d’organisation, de dysfonctionnement qui éventuellement mettent en cause des collègues et /ou eux-mêmes. Cette culpabilité interdit souvent de crier au secours !!!

Un cercle d’écoute neutre serait une cellule d’alerte qui pourrait proposer une première aide en incitant à aller consulter un médecin ou de relayer une difficulté vers les instances de manière anonyme s’il le souhaite. Si le salarié est déjà en grande souffrance l’inciter à prendre rendez-vous rapidement chez son médecin, car le médecin est la 1ère aide indispensable qui en fonction de l’évaluation des symptômes prendra en charge le salarié.

Seul un médecin peut réellement évaluer le degré de gravité de la santé du salarié. Car il s’agit bien de santé, d’une maladie avec un ensemble de pathologies aussi différentes et graves pour certaines d’entre elles.

Merci à Technologia de son investissement et de son combat pour la prévention des risques professionnels et au Cercle Ramadier pour l’organisation des Etats Généraux sur le Burn-out.

Ces états généraux m’ont permis de comprendre définitivement que les deux années de déséquilibre et de questionnement qui viennent de s’écouler pour moi, avaient aussi été vécues par d’autres salariés. J’espère que la culpabilité qui était mienne va finir par complètement s’estomper.

Tous ensembles, il faut en parler, prévenir afin que les salariés ne vivent pas ce cauchemar, cet épuisement qui nous détruit au plus profond de nous-mêmes. Après un Burn-out, nous ne serons plus jamais les mêmes, notre regard sur l’entreprise a changé et le souhait de pouvoir tourner la page est grand, il faut juste nous donner la chance de réintégrer notre milieu professionnel dans les meilleures conditions." Sylvie, Ingénieur de Production, 48 ans
"

Tout d’abord, je tenais à vous remercier de l'organisation des Etats généraux du Burn out le 11 mars. Cet évènement est important pour moi à plus d'un titre. Cela m'a permis de :

- valider que le cheminement de ma réflexion personnelle depuis mon burn out était partagé par les différents intervenants,

- me rendre compte que d'autres victimes étaient prêtent à témoigner et à s'engager pour lever l’omerta,

- que si une action collective, militante et politique est en marche au travers de la reconnaissance du Burn out comme maladie professionnelle, d'autres actions peuvent apporter leur pierre en éclairant la problématique sous d'autres angles.

Je vous remercie de l'initiative que vous portez, de l'espace de parole que vous offrez aux victimes et du relais que vous proposez à cette expression au travers du cahier de doléances que vous vous apprêtez à publier.
Conceptrice, productrice, réalisatrice multimédia, j'ai fait un burn out en juillet 2013, suivi d'un arrêt de travail de 8 mois et d'un départ de mon entreprise dont j'assurais la direction du développement stratégique par une rupture conventionnelle. Depuis le mois de septembre, j'essaye de reprendre une activité professionnelle en indépendante (je ne me sentais pas capable de rentrer de nouveau dans une entreprise). C'est psychologiquement et émotionnellement difficile.
Pendant mon arrêt de travail, mon entourage ne comprenait pas ce qui m'arrivait, et me conseillait aussi de ne pas trop le dire. Je ne sais pas mentir.
Ayant une formation artistique, j'ai réalisé un petit film, une manière d'exorciser le mal. Les réactions fortes qu'il a suscitées m'ont surprise et je me suis dit que, si je pouvais réaliser un projet sur le Burn out, alors cela me permettrait d'en parler. J'aurais ainsi transformé cette expérience en une réalisation. Que je pourrais peut-être ainsi apporter ma pierre à l'édifice, permettre à d'autres victimes de parler de ce qui leur était arrivé, à ceux qui ne sont pas encore tomber de s'interroger sur là où ils en sont, créer les possibilités d'une prise de conscience.

J'ai écrit un dossier pour proposer ma candidature à la Villa Medicis qui retrace ma réflexion et recoupe les sujets abordés par les intervenants. J'ai produis des textes, des vidéos, des images, des idées d'applications interactives. Mais je n'étais pas prête à le porter sur la place publique. J’ai donc mis ce projet de côté. Aujourd'hui, un an après, je tente de le réouvrir. C'est remuant, mais je pense que c'est important et j'ai l'impression que ce projet a du sens, confirmer par ce que j'ai entendu le 11 mars. Je pense que ma sensibilité artistique et mon expérience professionnelle me permettraient de proposer un nouveau regard sur ce fait de société et de servir à faire avancer ce débat.

Dans l'optique de monter ce projet :

- je reprends actuellement l'écriture du projet transmedia pour un appel à projet en cours
- j'organise avec une ancienne collègue un atelier pour partager mes réalisation avec d'autres victimes et voir si ces images leur permettent de mettre des mots sur ce qui leur est arrivé.
Je souhaite partager avec vous le dossier témoignage écrit l'année dernière et le film 6’ que vous trouverez ci-joint.

https://www.youtube.com/watch?v=LnChtOnR-kc&feature=youtu.be

 

Si cela vous parle, je serais ravie d'échanger avec vous sur ce projet en cours de construction.

Très sincèrement," Sophie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous adressons nos plus vifs remerciements à M. François VAUGLIN Maire du 11ème arrondissement, M. Patrick BLOCHE Député, ainsi qu'à l'équipe municipale, qui nous prêtent la salle Olympe de Gouges et ses équipements.

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