Vous êtes dans : Accueil > La vie du Cercle : Colloques et Réflexions > Colloque 13.12.2008 La démocratie politique, sociale et sociétale > Intervenant : Carine Doganis, docteur en Science politique, auteur de nombreux articles sur les fondements de la démocratie.

1ère Table ronde : La démocratie politique

- Difficultés politiques, manque de confiance des citoyens vis-à-vis de la classe politique, la démocratie ne se porte pas bien. Comment expliquer cette apathie, voire cette défiance ? Et surtout, comment peut-on y remédier?
Modérateur : Jean Le Garrec, Ancien Ministre de l’emploi, Président du Cercle Ramadier
Rapporteur : Jean-Paul Boisson, Président du Cercle Ramadier Poitou-Charentes

 

La démocratie politique,

 

Tel était le sujet qui nous étais proposé avec ses déclinaisons relatives à ses difficultés de mise en œuvre, l'absence de confiance, d'où la question, comment peut-on y remédier?

J'ajouterais à titre personnel la question, cette démocratie politique, a-elle des limites?

Pour nous expliquer ce volet, Carine Doganis nous présente sa version, à savoir, comment en France ou ailleurs, la démocratie est remise en cause, car cette démocratie s'exprime sous diverses formes comme par exemple dans le cadre syndical ou associatif.

 

Plusieurs éléments caractérisent la démocratie :

- elle concerne une certaine masse d'individus

- elle concerne des citoyens consommateurs, lesquels, ne l'oublions pas sont sensibles à l'image, ou à la publicité par exemple

- elle utilise l'opinion, l'émotion par les slogans.

Les politiques, en général, surfent sur les nouveaux médias, et, qu'ils le veuillent ou non ils appartiennent au champ des « peoples ». A l'inverse, le peuple est de plus en plus dépolitisé avec des taux d'abstention souvent élevés aux élections. Le peuple ne se sent pas ou peu concerné par la politique, d'où pour Carine Doganis, la nécessité d'une repolitisation,

- du peuple, c'est à dire comprendre le cadre dans lequel on vit,

- de la démocratie, c'est à dire la nécessité du renouvellement par la démocratie dite participative, ou de proximité par exemple,

- des élus (l'élu de son cœur selon l'expression utilisée par Carine)

Notre conférencière termine son exposé par des propositions fortes :

- repolitiser les symboles, y compris bien sûr les symboles européens, vecteurs forgeant l'appartenance et l'identité européenne (pourquoi pas une équipe de foot européenne).

- Intégrer une charte à la constitution, sur le modèle de la charte de l'environnement. Il s'agirait de la charte de la diversité, voire des territoires?).

 

Après cet exposé où Carine a précisé certains concepts sur la démocratie politique, le pouvoir des mots et le droit à la parole pour tous, notre Président, Jean Le Garrec relève le point fort de l'exposé qu'est la Charte et fait plusieurs remarques :

- abandonner l'idée selon laquelle les politiques sont des suspects

- les Français s'intéressent à la politique, mais que fait le PS? Il souligne qu'il n'y a pas de démocratie sans connaissance. C'est tout le problème de la formation civique des jeunes et des moins jeunes, et le déséquilibre qui existe entre cette formation et le pouvoir distribué par l'image en faisant allusion aux « discours au Congrès de Reims ».

Il s'agit donc pour Jean, du problème du langage utilisé, langage de communication qui doit être simple dans sa forme, mais complexe (complet?) dans son contenu.

 

Ensuite, 14 camardes sont intervenus, chacune des interventions étant spécifique, c'est à dire qu'il y a eu peu de redondances, ce qui est souvent un défaut dans les débats politiques.

Je ne citerai pas, par commodité les intervenants, mais retiendrai les mots essentiels pour les restituer et les résumer.

Jusqu'à présent, la démocratie s'exprimait à travers trois acteurs, les citoyens, les capitaux et les institutions. Les institutions et les citoyens appartiennent toujours au territoires mais les détenteurs de capitaux s'expatrient.

La démocratie sociale s'exprime différemment de l'autorité régulatrice, mais deux questions se posent : est-ce que les élus expliquent bien les rouages de la démocratie à leurs concitoyens, abordent-ils honnêtement la question des cumuls des mandats à travers la réglementation ou ce qui est appelé la « fluidité des parcours ».

Par ailleurs on a parlé de la fracture symbolique dans la cité, symptôme d'exclusion. Ce risque, qui existe, fait appel au bon sens des élus et c'est un état d'esprit pour ne pas tomber dans la société de l'image, trop facilement mise en œuvre, comme l'on sait.

Il est rappelé que la méthode maçonnique appliquée aux élus en situation de cumul serait bénéfique et appréciée (descente de charge). Tout cela est une question de formation de l'Homme Politique, de la non instrumentalisation du politique par les médias.

Cela suppose une hiérarchie dans la parole, dans sa maitrise comme en maçonnerie.

Pour être concret en matière d'expression politiquement pour la favoriser, on a cité au cours de cet atelier:

- le vote sur le lieu de travail,

- la charte de la diversité pour les élus afin d'incarner la continuité et sa diversité

- un langage adapté, compréhensible , bref, sans être réducteur en excluant une communication « people » vers laquelle malheureusement, certains socialistes peuvent tendre.

 

Enfin, Carine Doganis et Jean Le Garrec concluent cet atelier, très symboliquement, en se référant à la sagesse, la force et la beauté qui doivent être les outils de notre message politique, précis, sur la diversité sociologique et territoriale.

Jean revient sur la richesse du débat, très fraternel, et souhaite que l'on retrouve bon sens et bon état d'esprit.

Jean Paul Boisson (Ramadier Poitou-Charentes)

 

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